Voyage en première classe,
Tu mets tes beaux atours,
Tes belles godasses,
Devant la glace, tu fais un tour,
Ouais, tu fais classe !
Où vas-tu donc, avec tes belles pompes ?
Tu auras mal aux pieds !
Pourquoi as tu changé de souliers ?
Tu m’éventres, tu enlèves tout mon intérieur,
Je suis complètement plat…
Vide, jeté … là …
Je vois vaguement que mes trésors,
Tu les cases dans un drôle d’engin,
Il brille, il sent la neuve peau,
Il a de belles anses,
Il a une belle aisance,
Il est de la même couleur que tes foutues godasses,
Ouais, lui aussi, il est classe…
Il tient debout tout seul, il a droit à la chaise,
Alors que moi j’étais toujours au coin,
Près de l’armoire,
Par terre …
Jeté en arrivant,
Et vlan !
Depuis des année, j’avais protégé mes arrières,
J’avais appris à ralentir ma chute,
Espèce de brute !
Tant va le sac au boulot,
Qu’à la fin, il te lasse …
Je tremble, tu t’approches de moi,
Par ma seule anse,
Tu m’agrippes …
Tu tends tes bras pour me regarder de plus loin,
tu dis : “je suis fière de toi !”
Mais j’aperçois dans tes yeux, un chagrin…
Tu me serres contre toi, fort, si fort,
“Non, t’inquiètes, je ne te jetterai pas”
“On a trop de souvenirs en partage”
Moi, le sac en toile que tu avais cousu,
Que tu avais conçu,
Tu as ajouté sur mon ventre une girafe, un éléphant,
Tout en couleurs, patchwork …
Une invention à toi, avec pour fermeture un bouton de dufflecoat …
Unique en mon genre …
Que tout le monde t’enviait…
Je me promenais à ton bras,
Ou battait sur tes reins,
Ou entendait les glouglous de ton ventre…
Ca dépendait de ton humeur, de ton activité, de la liberté de tes mains…
Crois tu que le nouveau, te servira aussi bien ?
Oui, je suis jaloux !
Alors tu m’as empli peu à peu de photos,
De “mode d’emplois”, d’un tas de trucs en disant :
“là, je saurai où chercher et trouver”…
Puis tu as mis un crochet de porte,
Sur LA porte au milieu de la pièce,
Tu m’y as suspendu …
J’ai eu droit à de l’essence de parfum …
Puis tu as dû avoir encore… un idée!
Tu m’as encore tout vidé…
Tu as mis dans mon fond, du papier froissé,
Dessus, délicatement, tu as déposé un tas de grandes plantes séchées,
De la menthe, du blé, même la boule d’hortensia,
Rose, dont la queue a trempé dans ton liquide magique,
Qui momifie les fleurs, les feuilles et les garde avec leurs formes et couleurs…
Tu t’es reculée …
On a sonné,
C’est ta copine, celle que j’aime pas, car elle me trouve “vieux”,
Elle a dit ” Ohhh , tu en as fait un vase ???”
Un vase ! pff elle ne comprendra jamais rien, celle là …
Fr@ne
Il est de vieux amis, qu’on aime tant,
Que, même si on ne sort plus en leur compagnie,
On vit avec eux…
Jusqu’à la fin des temps …