La Mouette et l'@lbatros …

Conte

Les secrets de la petite cuillère …

Elle était jolie,

Unique en son genre et dans le tiroir,

En argent massif, petite et toute lisse,

Un petit coeur gravé sur le manche,

Seule rescapée d’une ménagère,

Oubliée sur une étagère,

Achetée 1 franc, sur un étal de vide-grenier,

Elle avait trouvé preneuse,

Car elle avait fait battre le coeur,

De son acheteuse,

De taille en dessous de la moyenne,

Elle était parfaite pour les mini tasses,

Qu’elle, au moins, ne faisait pas basculer …

Tout allait bien, elle était utile tous les jours,

Mais un (pas) beau matin,

Tiens ? elle n’est pas venue me chercher ?

Des jours , dans le tiroir elle est restée,

Il s’ouvrait, mais jamais on ne la prenait …

Le tiroir mal refermé, elle entendit alors :

“- je ne prends plus de sucre,

” on s’habitue très vite !”

Elle eut très mal son petit coeur gravé…

Alors, plus jamais elle ne servirait ?

Les jours passaient,

Elle s’encrassait,

Elle ne brillait plus,

Ca y est, ça recommence !

On ne veut plus de moi…

Elle pensait à se jetter du haut du tiroir…

Elle avait des idées noires …

Une petite voix s’éleva :

-”Mammy, tu veux bien me donner cette petite cuillère ?”

- Oui, bien sûr, à condition que tu ne la jettes pas,

Je l’aime beaucoup, même si je ne m’en sers plus,

D’ailleurs on va la faire briller !

Elle se sentit alors frottée,

Par un chiffon très doux,

Elle brillait à nouveau !

- Attend ! je vais te donner un papier de soie,

Pas question de l’abimer !

Elle parcouru des tas de kilomêtres,

Dans le sac de sa jeune propriétaire,

Qui la prenait souvent dans sa main,

Et … lui parlait …

Margaux lui confiait tous ses secrets,

Mais vous ne saurez rien…

Puisque ce sont des secrets …

Fr@ne


Les croyances des petits …

Il avait posé sa dent sur la table de nuit,

Il était certain qu’elle viendrait la petite souris !

Mais après avoir dormi,

La dent était là, pas passée la souris !

Il savait que c’était pas vrai,

Comme Père Noël et Compagnie …

Il avait  9 ans …

Presque toutes ses dents …

Il faisait semblant de croire à tout ça,

Mais a compris là …

Que “ça ne le faisait pas” …

La souris avait aussi compris !

Elle n’existait pas …

Triste le p’tit gars,

Triste la souris,

Triste tout ça,

Ne plus “y” croire,

Déçoit tout le monde …

Même les grands, ceux qui aimaient bien

Quand les petits croient …

Mais c’est à ce moment que les anciens petits,

Commencent trop à grandir !

Fr@ne qui croit toujours

et s’en fiche de le faire savoir !

même si l’an dernier avant NOEL,Margaux lui a dit au téléphone,”faut que je te dise que je ne crois plus au”

 PèreNOEL”…

Je lui ai demandé : tu crois toujours aux cadeaux ?finalement elle a dit:

“bin oui”

…ouf !


Le gardien du lac rouge

Les eaux du lac étaient rouges,

Elle s’approcha, inquiète,

Penchée sur l’eau: rien ne bouge,

Pourtant elle entendait une requête:

“Je suis là, allongée au fond,

“S’il vous plait, je ne veux plus dormir,

“Sortez moi de ma prison,

“Sinon deux fois, je vais mourir”…

Elle ne voyait que son reflet,

Mais l’eau était rouge…

Passa un petit homme replet,

- Madame, ne vous penchez pas tant, s’il vous plait !

Comme réveillée, elle demanda : pourquoi?

- Vous ne connaissez donc pas le pouvoir du lac du roi ?

-Non, dites moi…

-Beaucoup d’autres avant vous,

Se sont ainsi penchées,

On ne les a jamais retrouvées…

-Mais dites moi donc pourquoi les eaux sont –elles, rouges ?

- Madame, elles ne sont pas rouges !

Reculez ! hurla t-il en la tirant très fort !

- Je les voit rouges, Monsieur,

Mais qu’y a t-il grand dieu ?

- Madame, si vous les voyez rouges,

-C’est que ce lac vous appelle !

Le roi vous veut pour “belle”…

-Qui étes vous ? dit elle …

- Je suis le gardien du lac,

Je veille…

J’ai laissé s’engloutir 200 femmes,

Alors, je me condamne !

- A quoi ? dites ? j’ai froid …

- Je dois sauver 200 femmes,

Les empêcher de tomber …

Vous étes la première,

Revenez avec moi, en arrière …

Elle recula, tirée par le petit Monsieur…

Les eaux du lac n’étaient plus rouges …

Elle était seule,

Il s’était évanoui dans la nuit …

Elle repartit … en jetant dans le lac sa gerbe de glaîeuls…

Petit signe de deuil …

Tous les mois, elle revenait,

Vérifier de quelle couleur était l’eau …

Elle la voyait toujours rouge !

Un jour elle la vit rosir,

Ouf, il en a sauvé d’autres !

Fr@ne Damoiselle …


Fée Kiri …

Fée Kiradote,

Ainsi m’appelait Poil de Bedotte,

Au pays des songes,

Dont j’émerge et dans l’activité me plonge,

FéeKiradote,

Commence donc par changer de culotte,

Crient et rient les hulottes…

Le monde de la forêt,

Est là, prêt…

Pour une journée de soleil,

“on va faire des merveilles”

Lance la corneille…

Lapin frêle a du mal à ouvrir ses yeux,

Il veut dormir encore un peu,

Ben qu’il aille à ses jeux,

Il n’est pas assez vieux,

Pour qu’on l’oblige à faire autre chose qu’il ne veut…

La hulotte arès avoir mangé,

Lance : bon maintenant moi je vais me coucher,

Sur vous tous la nuit j’ai veillé,

Maintenant je vais me cacher,

Eh ! Fée Kiradote,

M’en veux pas pour ta culotte…

Tout le monde est bien éveillé,

Chacun commence à vaquer…

Fée Kiradote marmonne,

Pourquoi sont-ils si pressés ?

Le soleil est à peine levé,

Je dois éplucher mes carottes,

Ecosser mes petits pois,

Pour le repas de la cantine,

Tiens, voilà Fée Erik qui radine…

Dis,tu as dormi où ?

T’étais point dans ton trou …

Oui, on me l’a dit, c’est le hibou !

Il sait tout !

Fée Erik,

Fait une drôle de mimique,

Chut ! suis allée dormir chez Fée Blissante,

Y’avait de la place dans sa soupente,

Et il était trop tard pour que je rentre…

Mais faut pas le dire à ma tante !

Rigole pas, elle, la Fée Raille !

Me laisserait plus aller dans les marais,

Et là bas, j’ai plein de jouets …

Enfin, pas des vrais,

Des trucs que je fais …

Te raconterai un jour …

La chèvre sauvage,

Nous interpelle, hé les fées …

Faudrait peut être penser,

A me traire, de mon lait me délester,

Pffff ! ça commence,

Le stress, on donne pas dans la romance !

Faudra penser à faire grêve!

Allez ciao, à demain !

Fr@ne


La perle carrée

 

 Tri Yann

 envoyé par KyaFrane

Comme toutes les petites filles,

La jour de ma naissance, sur mon berceau des fées se sont penchées …

Il y avait les méchantes que je n’ai pas voulu regarder,

Et les souriantes dont les yeux semblaient me caresser…

Elles ont parlé chacune leur tour,

Charabia pour moi, je n’étais pas encore éduquée !

Puis sont parties doucement, leurs images lentement se sont dissoutes,

Dans ma menotte, j’ai trouvé une perle rose que je serrais très fort,

Je suis arrivée à la cacher aux regards d’autrui en réfléchissant : comment ?

Ces réflexions m’ont appris à faire marcher mon cerveau,

Plus que n’importe quel bébé, n’importe quelle gamine,

Car cette perle,avait une importance, je le savais,

Mais laquelle ?

Je remarquais quand je m’énervais, elle devenait rouge,

Quand je pleurais ou souffrais elle pâlissait,

Quand je dormais… j’ai voulu guetter, mais ça n’a pas marché,

Elle savait que j’étais éveillée …

Une fée, sans aucun doute celle qui me l’avait donnée,

Une nuit m’a réveillée, pour me dire que son temps de vie était écoulé,

Quelle devait partir dans leur paradis à elles, les bonnes fées,

Evidemment j’ai pleuré, elle m’a alors expliqué :

“Ecoute moi bien : ta perle rose nacré est unique ! j’ai remarqué

qu’elle était toujours ronde, preuve que depuis que tu es née,

tu n’as jamais fait de mal à quiconque, tout du moins, sciemment !

Le jour où cette perle sera carrée…

C’est que tu auras transgressé ta ligne de bonté,

C’est que tu auras perdu ta gentillesse…

Je vais m’en aller, pense à moi sans pleurer, je t’ai toujours protégée,

Mais c’est toi qui a pris les décisions …

Les années ont passé, emplies d’évênements de tous ordres,

Puis, un matin en me réveillant, j’ai très mal au coeur…

Comme si on me le serrait dans un étau,

J’ai regardé ma perle :

Elle était carrée !

Je n’avais pas souvenance d’avoir voulu faire mal à autrui …

Je n’ai pas compris …

J’ai gardé la perle,la regardant tous les jours, mais carrée, elle restait !

Je prenais de l’âge et ce que je ne comprenais pas me causait du souci !

J’avais fait du mal sciemment, mais quoi et à qui ?

Cela rétrécissait mes nuits, les rendait combattives,

Un autre matin, j’ai retrouvé ma perle … arrondie ???

J’avais un mot en lettres superbes sur mon chevet :

“Pardon pour ces nuits et ces jours de tracas !

” Nous nous sommes trompées de personne,

“tu n’as pas failli !

“Si tu as un voeu, pour t’aider à oublier le mal qu’on t’a fait,

” N’hésite pas, dis le”…

J’ai pris le joli billet et mon stylo à plume dorée,

J’ai juste ajoûté :

Merci de m’avoir fait comprendre qu’on peut faire mal sans s’en rendre compte,

Je n’ai pas de voeu et je ne veux pas oublier …

Des perles nacrées coulaient de mes yeux, mais mon coeur n’était plus serré…

On ne peut effacer le mal qui est fait, il est présent à jamais …

Tout le monde a sa perle et se doit de la conserver … ronde !

Fr@ne


” La nouvelle Blanche Neige”

 

La Pomme et le Poussin

 

Une jolie Pomme rouge,

Attendait sur une étagère,

Qu’on vienne la choisir, que quelque chose bouge,

Je suis pourtant bien mûre, je désespère !

Sa voisine, rabougrie, moisissante,

Ne faisait que bouger,

Elle avait l’air haïssante…

D’être juste à côté d’une jolie poupée…

Elle remua tant,

Que Pomme rouge tomba,

Ouille ! je vais être talée, je ne plairai plus autant !

Ah, la la …

Un petit Poussin d’or vêtu

Vint lui monter dessus…

Eh! attention ! Tu me fais mal avec tes pattes!

Oh, pardon dame Pomme,

Mais vous aviez l’air si bonne,

J’ai eu envie de vous picorer,

Avant que le coq ne s’en mêle …

Dame Pomme lui demande si elle était beaucoup talée,

Le Poussin lui répondit : Qu’importe ? de toute façon tu te feras manger…

Préfères tu le coq , un humain ou moi le Poussin ?

Mais je suis plus grosse que toi !

Tu ne pourras pas …

Le Poussin rigola…

Dans un coin il la roula,

De paille la recouvra,

Commença à donner des coups de becs,

Dame Pomme avait si mal,

Talée, picorée, dans les poires, elle tomba,

Se réveillant de temps en temps,

Oh ! juste une seconde …

Elle voyait un dragon jaune à bec de poulet,

Qui sans cesse l’entamait …

La cachait de nouveau…

Puis, plus rien…

Elle donna de ses dernières forces,

Plus de paille sur elle…

Le Poussin était là, les pattes en l’air …

Mort …

Une vieille femme entra, avec un nez crochu,

Avant de mourir, elle entendit :

Zut !  ma pomme empoisonnée a été entamée …

Jamais Blanche-Neige ne voudra la goûter …

Pff, il n’y a plus qu’à recommencer…

Elle donna dans le poussin, un coup de sabot,

Il alla s’écraser contre la porte de bois…

Et le même sabot, au dessus de Dame Pomme, l’écrabouilla…

Oups !

 

Fr@ne 2012 …


Conte de mots ou mots en conte …


Le soleil s’immisce par les trous des persiennes,
Je suis éveillée depuis peu,
Déjà il faut fermer les fenêtres, il brûle comme le feu !
Tout est clos,
Tournent les ventilos,
Une journée de très chaud…
Je suis dans mon vase clos,
Comme un taureau dans son enclos,
Qui reviendrait d’une corrida,
Blessé, le coeur ensanglanté et las,
J’entends l’armonica,
Du western bien connu,
Je vais être pendue ???
Oui, l’arbre est là ,
planté au milieu de la pièce,
J’entends des huées près de moi,
la corde a l’air solide, une vraie tresse,
Je ne sais plus quel mal j’ai fait…
Et je m’en désintéresse !
J’essaie de regarder ailleurs,
Leurs regards me font peur,
Tout ce monde chez moi ?
Je regarde le plafond,
C’est une rivière,
Et l’eau ne tombe pas ?
Où suis je arrivée ?
Quel est ce monde mélangé ?
Ya même le Chat Botté,
Kya fait ses sept lieues,
Je vois accroupie, Cendrillon,
Dans un énorme melon …
John Steed et son parapluie,
Suis je à London ?
Un homme habillé comme César,
S’approche du bar..
Il demande un verre de rhum…
S’approche de moi, ce gnome,
Déchire ma chemise blanche,
Jusqu’aux hanches,
Je referme vivement,
Et le fixe fièrement,
“Veux tu ce verre de rhum”
demande t-il, les cheveux plein de sébum,
Sa couronne de laurier a un peu capoté,
J’ai envie de rigoler …
Si j’avais une flamme,
Juste devant sa bouche,
Il ne serait qu’une torche,
Il jouerait les Jeanne d’Arc !
Il a vu la gaité dans mon regard,
Il sent le coup de Trafalgar !
Je viens d’apercevoir Bernardo, là devant,
Donc tu n’es pas loin, mon Zorro !
Je crache dans son rhum,
Il est vert le bonhomme !
Puis rouge !
Très rouge…
Car une épée l’a transpercé,
J’en vois la pointe, me désigner …
Derrière, Fabrice est là…
Ya aussi Don Quichotte,
Casanova,
Tom Hanks,
Robin des bois,
Francis Lalanne,
et… Yohann !
Sauve toi Esméralda !
Le cheval t’attend,
File devant !
On te rattrapera …
Oups ?
Vont tous être derrière moi???
D’autant que devant ya Henri IV…
Sa bannière vole au vent,
Mes longs cheveux noirs en font autant,
Aïe !!!!! On m’a tiré la crinière !
J’ouvre les yeux, je suis couchée,
Sur mon matelas neuf de 2008,
Mon Amour tient une mèche dans sa main,
Rigole et dis “je te tiens”,
A la réalité je reviens,
Ce n’était qu’un rêve,
Il est 4 heures du matin,
Il me dit, “je sais tout”…
“j’ai eu du mal à faire sortir tout le monde”
“une histoire je vais te raconter”
” pour qu’on s’endorme pour de vrai”…
Dans ses bras je me suis blottie,
Mais au plafond il m’a semblé,
Voir César, un air désolé…
Avé !
Ky@
~Fr@ne
(2008)

Conte du soir … et de ce jour !

 

Le chien, le loup, la chèvre…

La chèvre paissait paisiblement,

Le chien la regardait nonchalamment…

Que peut elle bien trouver de bon à cette herbe sèche ?

Alors que de si bons os me narguent sous sa chair fraiche…

Je suis là, avec mission de la protéger du loup,

Mais en fait, j’en ai aussi envie et beaucoup !

Je sais qu’il attend la nuit,

Pour surgir des taillis,

Et se repaître avec appétit,

De cette presque… brebis…

Je vais m’entendre avec lui,

Aussitôt pensé, qu’il regarde derrière lui,

Le loup est derrière un bosquet,

Le chien, lui dit doucement :

Ohé du loup !

Entendons nous !

Je te laisse passer,

La nuit tombée,

Mais on partage le festin !

J’ai faim !

Le loup lui murmure qu’il réfléchit …

Après tout dit-il, ce sera oui…

Dans peu de temps c’est la nuit,

Tope là,

On est amis !

La nuit est tombée,

Le chien s’est caché,

Le loup sur elle s’est jeté,

Il l’a déchiquetée…

Le chien s’approche, décontenancé,

Il n’avait jamais vu de loup oeuvrer,

Et il se sent comme une mauvaise conscience…

Il dit au loup :

Eh, arrête toi, nous avons un pacte !

Laisse moi au moins une patte …

Je la garde pour demain dit le loup,

Maintenant, j’aimerais goûter du chien…

Tétanisé, le chien ne bouge plus,

Il ne voit que des yeux brillants,

Une gueule sanguinolente,

Le terrain est en pente…

Il glisse vers ce monstre,

Qui lui dévore le ventre !

Moralité:

A pactiser avec les loups,

On ne gagne que mauvais coups …

 

Fr@ne

N’oulbions pas que les contes sont censés aider les enfants …

à dormir .

Traduction du conte en Picard par not’Pote m>ercator

 


La Luna

 

J’ai vu la lune qui pleurait,

Elle a prété sa plume à son ami Pierrot,

Qui l’a trempé dans l’eau,

Lui a écrit un mot,

“hello” !

Il lui a raconté l’histoire des héros,

Qui partent en bateau,

En bus ou en métro,

Chercher l’Eldorado,

L’histoire des héros,

Qui partent en fusée,

Pour, sur son sol, se poser,

Et y marcher,

Comme des libellules scaphandrées…

L’histoire des héros,

Qui partent en solo,

Sur un moderne radeau,

Traverser une immense étendue d’eau,

Prennent la route,

En buvant du rhum …

L’histoire du héros,

Qui cherche sa dulcinée,

Est pour ça, prêt à tout remuer,

En bas, en haut …

Il la veut, son aimée !

L’histoire d’une Lune,

Qui avait un ami, Pierrot,

Qui, de sa belle plume,

Ecrivait des mots,

Et s’est évanoui dans la brume,

Elle ne l’a jamais revu,

Il a disparu …

J’ai vu la lune qui pleurait,

Elle a prété sa plume à son ami Pierrot,

Qui l’a trempé dans l’eau,

Lui a écrit un mot,

“hello” !

 

Fr@ne

 

 


Conte du monde

Il y a très, très longtemps, un vieux sorcier entreprit un long voyage.
Un jour qu’il avait tant et tant marché qu’il ne sentait plus ses pieds, il décida de chercher un endroit pour se reposer.
C’est alors qu’il entendit soudain chanter. Ce n’était pas un chant comme celui des oiseaux, ni comme celui du vent à travers les feuilles, mais une voix claire, qui prononçait des mots qu’il ne comprenait point.
Poursuivant son chemin, il arriva dans une clairière. Juste au centre, se dressait un arbre majestueux, dont les feuilles brillaient au soleil. On eût dit qu’il était en or!
Alors, le sorcier entendit à nouveau le chant, mais, cette fois, plus fort que précédemment. Regardant tout autour de lui, il ne vit personne. Il n’y avait là que les branches dorées de l’arbre, plus quelques souris grises qui couraient dans l’herbe.
Le sorcier s’assit contre l’arbre pour souffler un peu. Il songea qu’il serait sage de piquer un petit somme avant de continuer sa route.
Mais le chant le tenait éveillé! Enervé, il regarda encore autour de lui, sans rien remarquer d’anormal.
“Il faut que je trouve ce chanteur! “, se dit-il. “J’aimerais bien qu’il se taise, pour que je puisse me reposer. “
Le vieux sorcier se leva et observa les alentours à travers le feuillage de l’arbre. Ce faisant, il posa ses mains sur le tronc et sentit l’écorce vibrer. Il comprit alors que le chant provenait de l’arbre lui-même!
-”Tiens ! Cela fait bien longtemps que je n’avais plus, entendu un arbre chanter!”, grommela-t-il. “Mais, par chance, je connais encore le moyen de le faire cesser! “
Il sortit de la poche de son manteau long morceau de corde et le lança en l’air tout en marmonnant une formule. La corde se tortilla quelque peu, puis s’enroula deux fois autour du tronc. Le sorcier prononça ensuite d’autres mots magiques, puis il termina en faisant un gros nœud dans la corde. Aussitôt, le l’arbre d’or cessa de chanter.
-”Je vais enfin pouvoir me reposer”, soupira le sorcier avant de s’allonger dans l’herbe.
Mais il découvrit alors des rubans de fumée, qui se dégageaient des racines de l’arbre. Peu à peu, la fumée s’épaissit, jusqu’à former un gros nuage gris, qui changea progressivement de couleur. Il devint d’abord gris foncé, et puis noir.
Tout à coup… il se mit à tournoyer sur lui-même et se transforma en un hideux génie aux longues oreilles, avec un gros nez bourgeonnant de verrues, des bras démesurés et des mains larges des pelles!
-”Hahaha! Hihihi! “, ricana le génie. “Quel stupide sorcier tu es! Il y a des années, un de tes confrères m’a enfermé dans cet arbre. Mais maintenant que tu lui as cloué le bec, je suis libre! Et j’ai fort envie de te dévorer! “
Ce disant, le génie saisit le vieux sorcier par la barbe.
Heureusement, ce dernier savait que les esprits des bois sont toujours idiots! Et celui-là semblait encore plus bête que les autres…
-”Vas-tu me faire mijoter ou rôtir?”, demanda-t-il au génie. “Tu sais que les vieux sorciers ne se mangent pas crus. Tu aurais des crampes d’estomac! “
L’affreux génie réfléchit quelques instants.
“Je vais faire un grand feu et t’attacher à une branche. Ensuite, je te ferai rôtir au-dessus des flammes”, déclara-t-il, tout content.
-”Mais je vais m’enfuir pendant que tu allumeras le feu”, insinua le sorcier.
-”C’est vrai … “, admit le génie. “Je vais… euh … je vais … “
-”Pourquoi ne me ligotes-tu pas? “, suggéra le sorcier. “Ainsi, je serai incapable de fuir. “
-”Très bonne idée! “, s’exclama le génie. “Mais à quoi donc vais-je t’attacher? “
-”A cet arbre, bien sûr! “, répondit le sorcier. “Utilise donc la corde que j’avais enroulée autour du tronc pour le faire taire! “
Convaincu, l’esprit des bois alla détacher la corde.
Il commença par défaire le nœud… tout comme le sorcier l’avait espéré. En effet, dès que la corde eut été dénouée, l’enchantement se trouva rompu!
L’arbre se remit à chanter et le génie, de violet qu’il était, vira au mauve foncé. Puis, très lentement, il se transforma en fumée noire, puis en fumée grise, pour disparaître enfin en minces rubans de vapeur blanche.
Le sorcier remit alors la corde dans la poche de son large manteau. Avant de se remettre en route, il prononça quelques mots magiques et ni bête ni homme -pas même un sorcier – ne revit jamais le génie des bois.

Auteur inconnu …

 


Une carotte ?

 

 

Dame lapin était très chagrin,

Perdue dans les grandes herbes,

D’un pays inconnu, pas malin !

Comment est elle là, elle ne sait plus,

Elle a faim, soif, peur,

Elle a de grosses gouttes de sueur,

Qui font battre fort son coeur,

Devant elle, un lapin géant se dresse alors,

Debout sur ses deux pattes arrière,

Quelle galère !

Elle ferme les yeux …

Deux poings la hissent,

Elle se sent glisser dans une douce gibecière,

Ouvre les yeux, rien… que du noir …

“suis-je tombée dans une oubliette ?”

Elle arrive à se hisser un peu plus haut,

Enfin la lumière !

Elle lève les yeux et voit que la gibecière

Appartient à grand lapin…

Il fait de grands sauts dans les herbes,

Elle aperçoit un sourire,

Le géant s’arrête,

La sort de sa cachette,

“Dis, mignonne petite dame kangourou,

Veux tu être ma femme ?”

Une lapine, femme de kangourou  ???

“euh, explique moi dit elle…”

- voilà, j’avais une femme de ma taille,

Elle s’est enfuie avec un autre, plus jeune que moi,

Alors je me suis dit,

Que si je trouvais, plus petit,

Je pourrais garder ma nouvelle femme en moi…

Le kangourou la tenait tout près de ses yeux,

Elle y lu tant d’amour,

Qu’elle accepta…

Elle vit toujours contre son homme,

A l’abri, comme personne …

Voilà pourquoi les mâles kangourou

Ont aussi une poche, avec dedans,

Un miroir et des parfums …

Fr@ne


Grenaigle …

 

La grenouille aimait un aigle…

Depuis si longtemps elle le regardait tournoyer, si beau …

Elle en a eu les yeux qui lui sortaient de la tête…

Elle voudrait tant rejoindre son gypaëte !

Mais comment aller là haut ?

 

La grenouille aimait un aigle,

Il a ouvert son bec et un petit coeur a voleté jusqu’au nénuphar,

Qu’elle avait aménagé en phare,

Pour qu’il voie bien là où elle se trouvait …

Il bien visé !

Le petit coeur chez Madame Rana est entré…

Dans sa bouche bée …

 

Une grenouille aime tant son aigle…

Que son coeur elle a avalé …

Depuis des lunes, ils se regardent,

Très absorbés…

Absorbés l’un dans l’autre,

Une GRENAIGLE ils ont formé,

Pour l’éternité…

Fr@ne