Sueur

Cils de poupée,
Iris embués,
Envie de jouer,
Doucement…
Sur les rives de l’amour,
Sur les pierres de Rocamadour,
Se doucher sous la cascade,
Sans aucune mascarade,
Doucement …
Lécher les gouttes sur ta peau,
Pour faire hérisser les cils des tes bras,
Sourire de tes frissons,
De grand garçon …
Doucement,
Gémir…
Sous le joug,
De notre jeu,
Qui, malgré l’eau,
Prend feu !
Doucement,
Se sécher dans l’herbe,
Rouler-bouler, enlacés,
Saouls…
Enfin, s’embrasser,
Doucement,
Avec émerveillement,
Atteindre le Nirvana,
De haut en bas…
Doucement …
Une fin de vie …
Elle pensait ne plus servir à rien,
Elle en avait du chagrin,
Elle regardait les taches brunes sur ses mains,
La peau qui plissait de plus en plus,
Comme si elle portait des gants non repassés,
Elle se sentait au bord du ravin,
Elle avait l’impression qu’elle y tomberait, sans qu’on l’y pousse …
Parfois le matin, elle avait l’impression de revenir de loin,
Car il lui fallait beaucoup plus de temps pour émerger de l’océan de la nuit,
D’ailleurs, elle se réveillait souvent, comme pour vérifier qu’elle saurait se réveiller …
Un jour elle ne s’est plus souvenue si elle devait se lever ou se coucher,
Elle errait en robe de chambre, se demandant où étaient les enfants et pourquoi ils ne venaient pas manger leur gouter !
Que faisait chez elle cette personne, qui dès qu’elle arrivait se servait du téléphone ?
Pourquoi sa femme de ménage utilisait le téléphone de la maison ?
Pendant que cette personne était ailleurs, elle a arraché le téléphone et l’a mis à la poubelle …
Les mois passaient, les jours étaient des nuits, elle ne savait plus lire l’heure …
Elle ne savait plus …
Qui elle était, qui étaient ces gens qui l’appelaient Maman ou Mamie,
Qui lui cachaient ses balles de tennis, elle n’avait même plus de raquette ! Mais elle la trouverait ! Elle ouvrirait enfin la porte toujours fermée et irait sur le court en jupette blanche avec son chien …
Elle s’est bien amusée dans cette maison spéciale où tout le monde était habillé de blanc …
Puis, brutalement elle a vu la lumière du tunnel …
et il n’y eut plus eu de courant …
Tropiques (Interdit aux trop (pud) ik)
Les pieds dans le sable mouillé,
J’attends la nouvelle marée,
J’ai envie de sentir monter,
Petit à petit, les vagues sur mes pieds,
Atteindre et noyer le Mont de Vénus,
Monter encore un peu plus,
Enserrer mon nombril,
Me faire hausser les sourcils,
Cligner des cils,
J’attends que l’Océan m’envahisse,
Caresse mes cuisses,
Clapote et bruisse,
Lèche mes reins,
Faisant mine de les abandonner,
Pour mieux les posséder,
C’est un amant damné,
Qui prend possession de mes pores,
Mes bras font sémaphore…
Je vais piquer mon phare,
Je vais …

Pauvre pêcheur !

Doucement,
A mon oreille, j’ai entendu …
“n’ouvre pas les yeux”,
Je suis venu,
Enfin…! je sais que tu m’as attendu,
Je t’ai vue, souvent, plantée au coin de la rue,
Toute de noir vétue,
Pardon, je me suis caché,
Tu savais pourtant que je viendrais…
Tout le monde a dit que j’étais mort,
Comme le vieux qui, devant ma voiture avait traversé…
Je l’étais un peu, sans liberté,
Sans toi à toucher,
Je vais réparer,
Tous les dégâts que j’ai faits,
Tu seras habillée de blanc,
Tu as d’abord été ma veuve,
Mais tu as cru si fort en moi,
Et moi en toi,
Que demain, à l’autel de l’amour,
Nous sacrifierons sans détour,
A la tradition…
Comme un pêcheur breton,
Prendra pour femme, devant les “qu’en dira t-on”,
Celle qui l’aime, plus qu’elle même…
J’ai quitté la prison,
Pour retrouver notre liberté,
Dont nous avons été privés…
Notre monde
Allo, monde à moi ?
Tu es toi, mon centre,
Qui m’aide à tourner un peu plus rond,
Jeudi, un jour de semaine encore,
J’en voudrais tant et tant …
Non je n’en demande pas trop…
Tu es mon monde à moi,
Faut leur dire aux autres…
Qu’on a besoin l’un de l’autre…
Je ne culpabilise plus,
Mon amour pour toi me donne un peu de droits,
Comme toi …
Même si c’est pas pas vrai,
Même si c’est pas dans leurs lois,
C’est moi, c’est toi,
Je me noie …
Embrasse moi,
Un point, c’est TOI …
N’oublie pas le billet précédent …
Pagaïe !
Le temps de la peine,
Couleur souveraine,
Etale sa traine,
Ce n’est pas que je m’entraine,
Mais j’en suis la reine !
Les courbes de température,
Dessinent des zébrures,
Laissant échapper des murmures,
Là, plaquée au mur…
Je dis, je sussure…
C’est si dur !
Entre joie et rabat-joie,
C’est comme être en carquois,
Je ne suis pas de bois,
Mais je crois en ma voie,
J’entends ta voix,
Dans un lointain murmure …
Elle sussure …
Je veux croire en toi,
Seulement si tu croît en moi …
Fr@ne qui retrouve de vielles lettres d’amour …
oubliées dans un bonheur du jour…